Regarder la mort en face pour éviter que la peur ne prenne le pas sur la vie.

A une époque où la société mise principalement sur l’individualisme, à un moment où la jeunesse et la pleine santé sont reconnues comme les seules qualités dignes d’attention, dans un monde où les générations vivent cloisonnées…

  • Les incompréhensions s’accumulent ;
  • Les questions sur des sujets existentiels se font légion ;
  • La peur s’installe.

En effet, la mort n’échappe pas à la modernité. Toujours actuelle, bien qu’occultée, elle nous concerne tous. Car, tous nous vieillissons. Et tous nous mourrons. Or, aujourd’hui, la mort est désocialisée, sortie du langage, reléguée au rang de tabou.

Déshumanisée, elle est médicalisée à outrance. Souvent, l’hôpital et le personnel médical gèrent finalement seuls ce passage dans l’au-delà. Face à cet état de fait, on aboutit au constat suivant : le lien s’étiole entre les membres d’une même famille et plus largement au sein de la société. Le sens donné aux choses s’amenuise, et la réalité de la mort s’efface au profit d’un réalisme matérialiste.

La mort est désormais célébrée dans le cadre de « cérémonies-hommages » où thèmes et gestes sont personnalisés en fonction de l’entourage et des dernières volontés du défunt. Majoritairement profanes, les obsèques ont perdu leur dimension symbolique, et la mort, virtuelle et déréalisée, prend le pas sur le décès autrefois vécu en famille ou avec la communauté sociale, selon des rites bien précis : veillée funéraire, port du deuil, etc.

Pourtant, malgré la diminution du rite religieux et de la foi, le besoin de célébrer et d’honorer ses morts traverse les époques. L’homme désire, au plus profond de son être, pouvoir se recueillir sur le monument funéraire d’un proche, même rarement. Il aspire à l’instauration de rites et de symboles, même si ces derniers sont construits de toute pièce.

Car faire son deuil est une thérapie en soi. Nous en éprouvons un besoin vital, chacun d’entre nous étant hanté par sa propre fin. Ainsi, dès son plus jeune âge, l’homme a besoin d’assister à un enterrement pour comprendre et assimiler la mort d’un être cher. Ce besoin répond également à la nécessité de manifester sa croyance et son amour.

C’est par conséquent dès aujourd’hui qu’il nous faut regarder la mort en face en appréhendant cette échéance inéluctable, en vérité : philosophiquement et matériellement.