En ce qui concerne l’effet du poids de la terre, l’affaire est réglée puisque le caveau est doté d’espaces vides destinés à l’accueil et à la protection des cercueils. Témoin la pratique de scellement des dalles intérieures du caveau qui complètent si nécessaire la protection de chaque cercueil (en fonction du nombre de places disponibles et de l’aménagement de l’espace intérieur pour procéder convenablement aux inhumations successives).
En revanche il reste la question de l’eau. Faut-il tout d’abord rappeler que le corps humain en est composé à 70%. Il crée donc une source d’humidité dès l’inhumation. A cela s’ajoute le phénomène naturel de la condensation qui résulte des variations de température entre le jour et la nuit.

Ces deux phénomènes entraînent fatalement l’apparition d’une eau en fond de caveau dont la quantité peut parfois surprendre.

Il n’est pas rare de constater à l’ouverture d’un caveau un espace inondé.  Cette situation peut choquer certaines familles et nécessite ici des explications.
Une telle quantité d’eau peut provenir de plusieurs causes, combinées ou non :

  • La clôture supérieure du caveau peut parfois laisser l’eau s’infiltrer (pluie, ruissellement d’allées) alors même que le scellement doit par nature autoriser une réouverture facile afin d’éviter de causer des dégâts sur l’ensemble du bâti.
  • Les murs suintent, l’eau s’infiltre par les côtés (source d’eau dans le sol dont la cause est à déterminer, fortuite ou prévisible).
  • L’eau pénètre dans le caveau par le fond. Elle résulte généralement d’une remontée de la nappe phréatique ou d’un état de saturation du sol en eau (couche argileuse dont la profondeur dans le sol est trop proche du fond de caveau).
  • La condensation a constitué progressivement une réserve intérieure d’eau qui n’a pas réussi à s’écouler suffisamment hors du caveau

Ces situations ne doivent pas durer car si la présence d’eau dans un caveau est techniquement concevable (et pas forcément inutile vis à vis du processus de décomposition des corps), sa stagnation intérieure est en revanche à éviter.  Plus que la fabrication et la pose du caveau, c’est la nature du sol de la sépulture qui peut poser un problème d’aptitude, contrairement à l’interprétation actuelle des juges en la matière. La mairie qui a concédé le terrain sans avertir le concessionnaire de l’état exact du sol, avec les phénomènes d’inondation récurrente qui sont parfois prévisibles (nappe phréatique haute, configuration du terrain et de la végétation dans les allées, etc.), s’expose à être mise en cause pour manque à ses obligations (aptitude du sol constatée par hydrogéologue, modalités d’information sur le contrat d’attribution de concession). De même, un professionnel funéraire doit correctement informer son client et ne pas lui promettre un caveau sensé garder le défunt au sec (conditions générales de vente).

Pour éviter ces désagréments d’inondation piégée à l’intérieur du caveau, celui-ci doit être pourvu d’un dispositif suffisant d’évacuation. Il se constitue généralement d’une capacité d’évacuation toujours opérationnelle de sorte que la montée intérieure d’eau ne soit qu’un épisode rapidement résolu. Certains caveaux ne sont d’ailleurs pas maçonnés dans le fond qui est simplement gravillonné pour que l’eau montante, éventuellement, puisse redescendre ensuite par la même logique de fonctionnement.

Une notion très importante doit donc être connue de l’usager :

Un caveau n’est jamais étanche et ne devrait de toute façon jamais l’être. Pour réduire normalement un corps dans le temps, le caveau doit «respirer», opérer des échanges gazeux avec l’environnement, évacuer l’humidité naturellement présente à l’intérieur.

Nota Bene : Il existe des caveaux dits autonomes, conformes à la norme NF P 98-049 qui est une garantie de produit en sortie d’usine (caveau équipé d’un filtre d’épuration des gaz) ne s’étendant pas à la conformité du service de la pose au cimetière. La caractéristique du béton avec lequel ils sont fabriqués permet d’assurer une étanchéité de bassin aux gaz et à l’eau, ce qui permet d’éviter les échanges avec le sol quand on craint que les émanations du cadavre contaminent la nappe phréatique (circonstance résultant d’une implantation incorrecte du cimetière, qui résulte d’une faute de la commune, faut-il aussi le préciser). L’étanchéité totale n’existe pas puisqu’il faut ajouter au bassin du caveau un couvercle (dalle de fermeture) et assurer de surcroît une ventilation suffisante du volume intérieur d’air (avec filtration des gaz lorsqu’ils s’échappent à l’extérieur du caveau).
 

Tout ceci étant bien précisé quant à la présence éventuelle d’eau dans le caveau, il reste à évoquer ce que beaucoup de personnes et même de communes arrivent mal à anticiper :

L’espace intérieur doit être de dimension suffisante pour accueillir le cercueil !

Retenez bien que depuis un siècle, la taille humaine ne cesse de grandir. Ceci a pour conséquence d’augmenter la longueur moyenne des cercueils inhumés et l’incompatibilité de ceux-ci avec l’habitacle intérieur des anciens caveaux pose de plus en plus de problèmes.

Les familles n’ont pas conscience de ces questions pratiques.
Quand le caveau s’ouvre par le dessus, le cercueil peut être introduit assez facilement avec une légère inclination. Mais quand il s’ouvre par le devant, dans l’allée, l’introduction oblige une inclinaison accrue du cercueil et dans ce cas, la longueur pratique devant être disponible n’est plus celle du cercueil mais de sa diagonale reliant hauteur et longueur.

Dès lors, un cercueil de taille récente, ainsi incliné, peut ne pas s’insérer dans un caveau de construction ancienne, conçu pour inhumer des personnes qui étaient auparavant moins grandes. Mieux vaut éviter ce constat au dernier moment, pendant les funérailles. Mais en tout état de cause, pour que le cercueil entre à l’intérieur du caveau de dimension insuffisante, le professionnel doit alors trouer une paroi en tête ou aux pieds.

Cette précision prend toute son importance quand le caveau a été acheté d’occasion auprès d’une commune, comme cela se pratique de plus en plus souvent et parallèlement à l’achat d’une concession ancienne et abandonnée.

Vous avez tout intérêt à vous renseigner auprès de l’opérateur qui installe un nouveau caveau.
La dimension standard intérieure d’un cercueil est de 1,85m et beaucoup de modèles sont fournis en dimension de 1,95m. Pour connaître la longueur extérieure du cercueil, il faut y ajouter en moyenne 12 cm (épaisseur du bois et des garnitures de socle). Un cercueil de 1,85m mesure donc extérieurement 1,97m et celui de 1,95m mesure 2,07m. Compte tenu de l’inclinaison au moment de l’introduction dans le caveau, une diagonale de 2,30m est nécessaire au moment de la descente du cercueil. En clair, privilégiez des concessions de grande longueur, dans la mesure du possible, afin d'éviter tout futur désagrément (coûteux, qui est plus est). 

Enfin, vous noterez qu’il est logique d’un point de vue sanitaire de prévoir un espace vide entre le dessus du dernier cercueil inhumé et le niveau du sol de l’allée. Cet espace s’appelle «vide sanitaire». Ce vide est destiné, que ce soit en pleine terre ou en caveau, à la ventilation des gaz émanant du corps humain. Il est nécessaire que ce vide existe dans les caveaux alors même que pour gagner une place, ce n’est pas toujours le cas.

Une telle situation est alors en infraction avec la législation et parfois aussi avec le règlement intérieur du cimetière. Auquel cas, le propriétaire du caveau est personnellement responsable et s’expose à l’obligation de régulariser à ses frais la situation (impact financier et psychologique important).